A l'ouest

Non pour le choix d'une histoire mais d'une balade au gré des courants.
Elle nous parle de la nature et d'un être humain, déchirement total des idées et des convenances.
Un parcours dédié aux objets et au quotidien de la nature intégrés en elle comme une partie d'elle-même.
C'est une balade imaginaire pour l'un comme pour l'autre mais réelle compte-tenue du contexte écologique actuel.
Elle nous montre la réalité du commun sans jamais nous y confronter.
Cela fait partie du paysage, on passe à côté sans prêter attention, on l'intègre dans nos habitudes.

Le Chemin

Sur le bord, parmi le fleuve de Loire, je m'aventure.
Sur le sable fin des grèves et dans le lit du monstre.
Je cherche mon chemin, mes pas dans ce que j'appelle mon labyrinthe spirituel.
Disloqué, perdu, égaré, échoué, au bord du vide, du précipice.
Celui dont chaque jour je me perds dans des dédales de pavés métropolitains et des lumières sans artifice.
Mon chemin s'égare et s'aventure dans le creux des abysses de mon âme.
Ces morceaux d'argile durs et fragiles comme l'air et l'eau brulés au soleil.
J'évite, je saute, je sursaute, de ne pas m'enliser, dans le tourment.
Ces plaques posées là, fracturées, disloquées, aplaties, s'enchevêtrant,
formant ce que j'appelle le courant d'un être. Complexe.

Ecumée

Dans la brise, d'une mer calme soufflant toute son énergie en activité, à se rouler et se dérouler
et nous laissant comme ivoire, sa mousse blanche et crème de son temps passé, de ces voyages vécus,
de ces moments en solitaire sous la chaleur de son bienfaiteur.
Sur les rochers noirs, l'aventure commence me retenant de ne pas y aller, de ne pas la caresser.
Elle nous protège et nous amène tous les vents et toutes les lumières.

A L'ouest

Sur la plage, au loin, je m'évade, je cherche du regard, je scrute l'horizon,
perdu dans mes pensées, échoué comme lui et moi.
Ce corps sans vie a vécu, a réalisé son voyage, porté au gré des courants,
balloté, bercé, réchauffé par l'immense étendue et en seule compagnie
que les petits bruits de cliquetis que la mer nous apporte en secouant
sa chevelure étendue sur le sable. Magnifique, elle s'étale de tout son long.
Je suis des yeux ses mouvements lents et j'espère avoir la force qu'elle nous amène.

En cage

Cette force de nous ramener ce que nous ne voulons plus. Cette cage de plastique.
Enfermé dedans, je n'en sors plus, je suis replié et jeté, vidé, en hibernation.
Dans tout ce que je voulais ne pas avoir à lui offrir, cette pollution des idées reçues et mal interprétées
par mes semblables qui profitent de leurs mauvaises manières pour détruire ce qui les entoure,
leur famille, leur vie, leur nature. Un seul pas nous trahit et nous dénonce.
Mon aventure n'est pas ce que j'aurais voulu mais ce que j'aurais voulu leur montrer.La récolte

Parmi les galets déposés là, fruits d'une érosion rapide,
ronds et lisses, noirs et colorés, fins et en formes.
Je ramasse ceux qui me paraissent les mieux valorisants à mon image;
à celle que je me suis faite depuis ma naissance,
celle que j'espère va transmettre du bon et du meilleur.
Puis rejetés parmi eux, passer son message et continuer son chemin.

Pas plus loin

Posé là comme la plupart des nôtres, j'attends mon heure.
Ceux qui m'ont laissé ne veulent pas me revoir.
Espérant une vague comme une main tendue.

Au gré du paysage

Intégré dans le paysage du quotidien, je dresse contre vent et marée mon étendard.
J'intrigue les passants et je reste là.

Je n'en veux plus

Nous ne sommes pas un. Nous sommes une population à ne plus en vouloir.
Je reste là mais je n'en veux plus.
L'eau devient malsaine et mon corps n'en peut plus.

Echoué

L'eau, élément essentiel à ma survie, ne me permet plus de vivre.
Ma dernière escale fût cette plage.
J'ai donné mon corps aux autres pour leurs existences.
J'aimerais avant tout vous raconter.

La joie

Malgré tout ce qui nous entoure, moi seul ne pourrait vous changer.
La vie est un parcours semé de vies artificielles et organiques.
Ma joie est de vous la montrer et de naviguer parmi ces éléments.
Car avant toute chose, nous jouons avec ce qui nous entoure sans nous poser de questions.

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Comme pour ne pas trop nous éloigner des sujets écologiques
et nous dire que c'est chez les autres que cela se passe,
les photographies ont été réalisées sur les côtes bretonnes.

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Cette série photographique a été réalisé en 2002 avec un Nikon 24x36 sur pellicule argentique Kodak.
© 2002 - Les photographies et les textes présentés sur cette page ne sont pas libres de droits.